DGDA – Affaire « American Fresh Food », Bernard Kabese Musangu au cœur d’une controverse médiatique sans preuves établies

Le débat autour de l’interprétation de l’article 64 de la Constitution de la République démocratique du Congo continue de susciter de nombreuses réactions dans les milieux politiques et juridiques congolais.
Mercredi, Me Jean-Marie Kabengela, avocat au barreau de Kinshasa-Gombe, a estimé que cette disposition constitutionnelle, aujourd’hui invoquée par certains acteurs politiques à travers la dénomination de la « Coalition 64 », constitue un « couteau à double tranchant » dont l’interprétation exige prudence et rigueur juridique.
Dans une entrevue accordée à News du Katanga, l’avocat a rappelé que l’article 64 de la Constitution doit être analysé dans son contexte …
DGDA – Affaire « American Fresh Food » : Bernard Kabese Musangu au cœur d’une controverse médiatique sans preuves établies
L’affaire dite « American Fresh Food » continue d’alimenter les débats dans l’espace médiatique et politique en République démocratique du Congo.
Depuis plusieurs mois, des accusations relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias tentent d’associer le Directeur Général de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), Bernard Kabese Musangu, à un prétendu détournement de 61 millions de dollars américains.
Pourtant, malgré l’ampleur prise par cette polémique dans l’opinion publique, aucune preuve judiciaire formelle, aucun audit officiel rendu public, ni aucun document comptable crédible ne confirme à ce jour l’existence d’un détournement effectif impliquant le patron des douanes congolaises.
Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur la frontière entre information, spéculation médiatique et instrumentalisation politique dans un contexte marqué par les réformes engagées au sein des régies financières de l’État.
Une accusation construite autour d’un montant dont le paiement n’est pas établi
Au centre de cette affaire figure la somme de 61 millions USD que certains accusateurs affirment avoir été détournée dans le cadre d’un dossier impliquant la société « American Fresh Food ».
Cependant, plusieurs observateurs du secteur financier soulignent un élément fondamental :
jusqu’à présent, aucun élément public ne démontre que cette somme aurait effectivement été versée à la DGDA.
Or, en matière de finances publiques, la qualification de détournement repose sur plusieurs conditions essentielles :
l’existence d’un paiement réel ;
l’identification d’un encaissement officiel ;
la traçabilité bancaire des fonds ;
l’enregistrement comptable dans les livres de l’administration ;
ainsi que la preuve d’une disparition frauduleuse des ressources.
À ce jour, aucune pièce officiellement publiée ne permet d’établir :
qu’American Fresh Food ait réellement payé les 61 millions USD évoqués ;
que la DGDA ait enregistré ce montant dans ses comptes ;
ni que Bernard Kabese Musangu ait bénéficié d’un quelconque transfert de fonds publics.
Pour plusieurs spécialistes des finances publiques, parler de détournement sans démontrer préalablement l’existence du paiement lui-même pose un sérieux problème de cohérence juridique et comptable.
Une affaire amplifiée par les réseaux sociaux
L’affaire a principalement pris de l’ampleur à travers des publications virales sur les réseaux sociaux, des plateformes numériques et certains médias en ligne à caractère sensationnel.
Plusieurs contenus relayés accusent directement le Directeur Général de la DGDA sans fournir :
des relevés bancaires ;
des documents comptables ;
des rapports d’audit ;
ou des décisions judiciaires attestant les faits avancés.
Des analystes des médias dénoncent ainsi une tendance croissante à la « justice médiatique », où des accusations graves sont diffusées massivement sans vérification préalable ni confrontation des sources.
Dans certains cercles proches de l’administration douanière, cette campagne est présentée comme une tentative de déstabilisation visant la direction actuelle de la DGDA.
Plusieurs publications favorables au management de Bernard Kabese parlent ouvertement :
d’une « cabale » ;
d’une « campagne de diabolisation » ;
voire de « fake news » destinées à ternir l’image du DG de la DGDA.
Les réformes engagées à la DGDA au cœur des tensions
Pour certains observateurs, la multiplication des attaques contre Bernard Kabese Musangu intervient dans un contexte particulier marqué par les réformes engagées au sein de la DGDA depuis son arrivée à la tête de cette régie financière stratégique.
Sous sa direction, plusieurs mesures ont été mises en avant par les autorités douanières :
la digitalisation progressive des procédures douanières ;
le renforcement du contrôle interne ;
la lutte contre la fraude et la corruption ;
l’amélioration de la traçabilité des recettes ;
ainsi que la modernisation des outils de gestion administrative.
Des rapports internes et communications institutionnelles évoquent également :
une amélioration des performances de mobilisation des recettes ;
des dépassements d’assignations budgétaires ;
et une meilleure coordination des opérations douanières dans plusieurs provinces.
Pour certains analystes, ces réformes pourraient avoir provoqué des résistances au sein de certains réseaux affectés par le durcissement des mécanismes de contrôle.
La présomption d’innocence rappelée
Dans les milieux juridiques, plusieurs voix rappellent que toute accusation de détournement des deniers publics doit impérativement être établie par des enquêtes officielles et des preuves vérifiables.
Le droit congolais, comme les principes internationaux de justice, repose notamment sur :
la présomption d’innocence ;
le droit à un procès équitable ;
ainsi que l’obligation d’apporter des preuves tangibles avant toute condamnation publique.
Pour plusieurs juristes, accuser publiquement un responsable public d’avoir détourné des millions de dollars sans produire :
des preuves de paiement ;
des documents bancaires ;
des audits ;
ou des décisions judiciaires, revient à exposer le débat public à la manipulation et à la désinformation.
Une communication institutionnelle attendue
Face à l’ampleur de la polémique, plusieurs observateurs estiment qu’une clarification officielle plus approfondie des institutions concernées permettrait d’éclairer davantage l’opinion publique.
Des acteurs de la société civile appellent notamment :
à la transparence dans la gestion des dossiers financiers ;
à la publication des éléments factuels disponibles ;
ainsi qu’au respect des procédures judiciaires en cas d’accusations graves.
Pour eux, seule une démarche fondée sur des faits vérifiables peut permettre de distinguer les véritables dossiers de corruption des campagnes de désinformation à caractère politique ou médiatique.
Entre bataille médiatique et enjeux institutionnels
L’affaire « American Fresh Food » met une nouvelle fois en lumière les tensions qui entourent la gestion des régies financières en République démocratique du Congo.
Les institutions chargées de la mobilisation des recettes publiques demeurent régulièrement au centre de rivalités politiques, économiques et administratives.
Dans ce climat, plusieurs analystes estiment que la crédibilité du débat public exige davantage de rigueur, particulièrement lorsqu’il s’agit d’accusations portant sur la corruption et les finances de l’État.
Alors qu’aucune décision judiciaire définitive n’a, à ce jour, établi la responsabilité de Bernard Kabese Musangu dans cette affaire, les appels se multiplient pour que toute la lumière soit faite à travers des enquêtes transparentes, indépendantes et fondées exclusivement sur des preuves matérielles et vérifiables.
Ben Mbedi Ntondele

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