Jean-Pierre Lihau annonce une réforme historique de la Fonction publique axée sur la performance dès 2027

Le gouvernement de la République démocratique du Congo poursuit son vaste chantier de réforme de l’administration publique.
À l’occasion d’un briefing spécial organisé lundi 18 mai 2026 au studio Maman Angebi de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) à Kinshasa, le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a présenté un état des lieux détaillé du secteur à travers une communication intitulée « La Fonction publique en chiffres ».
Ce briefing, animé en présence du ministre de la Communication et Médias ainsi que porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a permis au gouvernement de dévoiler plusieurs données inédites sur la gestion des effectifs, les réformes administratives en cours et les nouvelles orientations destinées à moderniser l’administration congolaise.
Une réforme présentée comme un tournant majeur
Face aux journalistes et professionnels des médias, Jean-Pierre Lihau a dressé un tableau global de la situation actuelle de la Fonction publique congolaise, longtemps confrontée à des problèmes de désorganisation administrative, de fichiers non maîtrisés, de fictifs sur les listes de paie et de faible rendement des services publics.
Le gouvernement affirme vouloir mettre définitivement fin aux anciennes pratiques administratives afin de construire une Fonction publique moderne, crédible et orientée vers les résultats.
L’annonce majeure de cette rencontre reste la réforme prévue à partir de 2027, qui introduira un système de rémunération fondé sur la performance des agents publics.
« À partir de 2027, on ne rémunérera plus les matricules, mais le travail accompli », a déclaré le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Lihau devant la presse.
Par cette déclaration, le gouvernement entend rompre avec un système longtemps critiqué où certains agents étaient rémunérés uniquement sur base de leur présence administrative dans les fichiers de l’État, sans réelle évaluation du travail fourni.
Le contrôle biométrique réduit fortement les effectifs
Au cours de ce briefing spécial, le ministère de la Fonction publique a également présenté les résultats des opérations de contrôle et de certification biométrique menées dans l’administration publique.
Selon les chiffres communiqués :
près de 1 480 000 agents étaient initialement recensés dans les fichiers administratifs ;
après une première étape de vérification documentaire, ce nombre a été réduit à 1 425 000 agents ;
les opérations de certification biométrique ont finalement permis d’identifier officiellement 677 000 fonctionnaires actifs.
Cette réduction spectaculaire des effectifs révèle l’ampleur des irrégularités qui existaient dans les bases de données de l’administration publique congolaise.
Les autorités évoquent notamment :
des doublons administratifs ;
des agents fictifs ;
des retraités toujours maintenus dans les fichiers ;
ainsi que plusieurs incohérences liées à la gestion manuelle des données administratives.
Pour le gouvernement, cette opération de nettoyage constitue une étape essentielle dans la maîtrise de la masse salariale de l’État et dans l’amélioration de la gouvernance publique.
Une administration orientée vers le mérite et la performance
Au-delà du simple contrôle des effectifs, la réforme engagée vise à transformer profondément le fonctionnement de la Fonction publique congolaise.
Le ministère de la Fonction publique souhaite instaurer progressivement une culture administrative fondée sur :
l’évaluation des performances ;
la productivité des agents ;
la compétence professionnelle ;
le mérite ;
ainsi que l’obligation de résultats.
Cette nouvelle orientation devrait permettre, selon les autorités, d’améliorer la qualité des services publics offerts à la population tout en renforçant la responsabilité des agents de l’État.
Jean-Pierre Lihau estime que cette réforme représente un changement de paradigme dans la gestion des ressources humaines de l’administration congolaise.
« L’administration doit devenir un véritable instrument de développement au service des citoyens », a indiqué le patron de la Fonction publique.
Des promotions accordées à plusieurs milliers de fonctionnaires
Le briefing spécial a également permis de faire le point sur la situation des carrières administratives au sein de la Fonction publique.
Le gouvernement a annoncé que 68 659 fonctionnaires ont bénéficié d’une promotion depuis 2021, dans le cadre du processus de régularisation administrative et d’amélioration des conditions de travail des agents publics.
Concernant la rémunération, les données présentées montrent que le salaire moyen dans la Fonction publique varie actuellement entre 125 000 francs congolais et 516 000 francs congolais selon les catégories administratives et les grades.
Toutefois, plusieurs observateurs estiment que les défis restent importants, notamment en matière d’amélioration des conditions salariales, de mécanisation des agents, de retraite des fonctionnaires et de modernisation des infrastructures administratives.
La numérisation au cœur des réformes
Le gouvernement congolais mise également sur la numérisation de l’administration pour assurer la réussite de cette réforme.
Les opérations biométriques réalisées ces dernières années s’inscrivent dans une stratégie plus large visant :
la digitalisation des fichiers administratifs ;
la sécurisation des données des agents publics ;
la transparence dans la gestion de la paie ;
ainsi que la réduction de la fraude administrative.
Les autorités considèrent cette modernisation numérique comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité de l’État et restaurer la confiance dans les institutions publiques.
Un chantier stratégique pour le gouvernement
Cette réforme de la Fonction publique figure parmi les principaux chantiers institutionnels engagés par le gouvernement congolais dans le cadre de la modernisation de l’État.
À travers cette démarche, l’exécutif ambitionne de construire une administration plus performante, capable d’accompagner les politiques publiques et les ambitions de développement de la République démocratique du Congo.
Pour plusieurs analystes, le succès de cette réforme dépendra toutefois de la capacité du gouvernement à garantir :
la transparence dans les évaluations ;
l’équité dans les promotions ;
la régularité des salaires ;
ainsi que la formation continue des agents publics.
Alors que l’échéance de 2027 approche progressivement, les autorités assurent que les préparatifs sont déjà en cours afin de mettre en place les mécanismes nécessaires à cette nouvelle politique de rémunération basée sur les performances et les résultats.

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